Les abeilles nous rendent chaque jour des services essentiels. En visitant les fleurs pour y récolter du pollen et du nectar, elles transportent involontairement le pollen d’une plante à l’autre. C’est grâce à elles que de nombreuses plantes peuvent se reproduire, donner des graines et produire des fruits.

On estime que près de 90 % des plantes à fleurs dépendent des insectes pollinisateurs pour assurer leur reproduction sexuée, et donc la production de fruits et de graines.
En Europe, environ 35 % de la production agricole dépend directement de ces insectes, ce qui représente environ 75 % de la diversité alimentaire disponible dans nos assiettes.
Ce service écologique, fourni gratuitement, est estimé entre 235 et 577 milliards de dollars par an à l’échelle mondiale.
Les insectes pollinisateurs sont donc indispensables à notre alimentation et travaillent, littéralement, pour toute l’humanité.

Contrairement à ce qu’on imagine souvent, la pollinisation n’est pas assurée uniquement par l’abeille domestique, celle qui produit du miel. Une foule d’autres insectes pollinisateurs — bourdons, osmies, andrènes, mégachiles, halictes, mais aussi mouches, papillons ou coléoptères — participent eux aussi à ce travail indispensable.

Pourtant, ces insectes déclinent fortement depuis une trentaine d’années. Les études européennes rapportent une chute très importante des populations d’insectes, liée notamment à l’usage des pesticides et insecticides, à la perte et à la fragmentation des habitats, à l’urbanisation, ainsi qu’aux effets du changement climatique.
Cette diminution massive fragilise les écosystèmes mais aussi notre sécurité alimentaire.

À Saint‑Gilles, tout comme dans le reste de Bruxelles, ces petites créatures constituent un maillon essentiel de la nature en ville. En les protégeant, nous renforçons la biodiversité et la santé de nos quartiers.

🐝 Les abeilles sauvages : une incroyable diversité

Dans le monde, on compte environ 20 000 espèces d’abeilles sauvages.
En Belgique, plus de 400 espèces sont présentes, dont environ 200 en Région Bruxelles‑Capitale.

Ces abeilles sont pour la plupart solitaires, ce qui signifie que chaque femelle construit son propre nid. Certaines vivent néanmoins en petites colonies, comme les bourdons.

Elles utilisent différents types de gîtes :

  • Abeilles terricoles (70% des espèces) : elles nichent dans la terre, dans les joints sableux entre les pavés ou dans les talus.
  • Abeilles caulicoles (30% des espèces) : elles s’installent dans des cavités existantes (trous dans les murs, tiges creuses…).
  • Abeilles rubicoles : elles creusent leur nid dans les tiges à moelle, comme celles du sureau ou du framboisier.

On peut parfois repérer leurs “bourgades” grâce aux petits monticules de sable perforés d’un trou bien rond entre les dalles des trottoirs.

Leur taille varie beaucoup — de 2 mm à 3 cm — et cela influence les fleurs qu’elles visitent.
Certaines sont généralistes, d’autres ne se nourrissent que sur une seule espèce de plante. Leur rayon de déplacement étant limité (quelques dizaines à centaines de mètres), elles doivent trouver le gîte et le couvert à proximité immédiate.

🌼 Un territoire urbain encore méconnu

Bien que très urbanisée, la commune de Saint‑Gilles abrite une diversité biologique intéressante. Les premières études réalisées ont déjà permis d’observer plus d’une quarantaine d’espèces d’abeilles sauvages sur le territoire — soit environ un cinquième de la diversité bruxelloise !

Le projet « St‑Gilles For Bees » a été lancé pour mieux connaître et protéger cette biodiversité.

Un projet coordonné par :
  • La Commune de Saint‑Gilles – Service Climat & Biodiversité (MaisonEcoHuis)
  • En collaboration avec Apis Brussels, association spécialisée dans l’étude et la protection des abeilles sauvages à Bruxelles.

L’objectif est double :

  1. Mieux comprendre les espèces présentes et leurs besoins (inventaires des abeilles et de la végétation).
  2. Créer un territoire accueillant grâce à des aménagements favorables à leur alimentation et leur nidification.

Et vous aussi, vous pouvez y participer !

💡 Comment aider les abeilles sauvages à Saint‑Gilles ?
🌱 1. Zéro pesticide !

Les herbicides, insecticides et fongicides nuisent gravement à la santé des abeilles.
Adoptez une gestion écologique de votre jardin, de votre balcon ou même de votre trottoir : pas de pesticides, jamais.

🌼 2. Offrir des fleurs… toute l’année

Laissez pousser les fleurs sauvages et privilégiez les plantes locales (indigènes) :
campanules, trèfles, lamiacées, pissenlits, sauges, centaurées, ronces, lierre, etc.

Choisissez des plantes qui produisent pollen et nectar en abondance, et si possible issues de cultures sans pesticides.

🪵 3. Créer des refuges pour la nidification

Les abeilles ont besoin d’habitats variés :

  • tas de bois mort
  • tas de sable ou de terre bien exposés
  • tiges creuses ou à moelle
  • zones de sol nu
  • talus ensoleillés

Ces aménagements simples offrent un refuge précieux à de nombreuses espèces.

🚶‍♀️ 4. Observer et partager

Enregistrer vos observations via l’application ObsIdentify ou sur le site web observations.be contribue directement à la connaissance de la faune bruxelloise.

🌿 Comment agit la Commune de Saint‑Gilles ?

La Commune de Saint‑Gilles gère une grande partie des espaces publics : parcs, squares, rues, arbres en voirie, zones végétalisées et nouveaux aménagements urbains. À travers le projet St‑Gilles For Bees, l’administration communale s’est engagée à rendre le territoire plus accueillant pour les abeilles sauvages et les pollinisateurs, en s’appuyant sur une collaboration étroite entre plusieurs services :

Ce travail de fond n’est pas simple : Saint‑Gilles est très densément bâtie, la pression sur l’espace public est importante, et certains aménagements souffrent parfois de vandalisme ou d’incivilités.
Malgré cela, la Commune poursuit un ensemble d’actions concrètes, structurées et ambitieuses pour protéger les abeilles sauvages.

Découvrez les actions de l’administration communale :

La gestion écologique, alliée des abeilles

Les rues et les espaces verts de la commune sont gérés sans pesticide pour garantir la santé des habitant.e.s, mais aussi pour favoriser la biodiversité. Plantation d’arbres et de haies indigènes, installation de bulbes et de massifs fleuris, mais aussi semis de prairies fleuries et fauche tardive des pelouses sont autant d’aménagements et de pratiques qui rendent la ville plus belle, plus respirable et plus accueillante pour la nature. Même les « herbes folles », ces plantes sauvages qui poussent entre les dalles des trottoirs, ont un rôle à jouer. Elles fournissent aux abeilles et autres insectes pollinisateurs de quoi se nourrir au fil des différentes saisons.

Les prairies fleuries, couleur et biodiversité

Les rues et les espaces verts de la commune sont gérés sans pesticide pour garantir la santé des habitant.e.s, mais aussi pour favoriser la biodiversité. Plantation d’arbres et de haies indigènes, installation de bulbes et de massifs fleuris, mais aussi semis de prairies fleuries et fauche tardive des pelouses sont autant d’aménagements et de pratiques qui rendent la ville plus belle, plus respirable et plus accueillante pour la nature. Même les « herbes folles », ces plantes sauvages qui poussent entre les dalles des trottoirs, ont un rôle à jouer. Elles fournissent aux abeilles et autres insectes pollinisateurs de quoi se nourrir au fil des différentes saisons.

Des abeilles dans les trottoirs !

70% abeilles sauvages sont terricoles, c’est-à-dire qu’elles font leur nid dans le sol. Elles s’installent généralement dans des talus bien exposés ou dans des pelouses clairsemées, mais on peut aussi les apercevoir entre les dalles des trottoirs. Les abeilles creusent des galeries à même le sol ou à travers les joints en sable des trottoirs. Elles pondent leurs oeufs dans de petites logettes et y déposent du pollen dont se nourriront les larves. Le va et vient de ces abeilles terricoles au ras du sol ne dure que quelques semaines. Ne paniquez pas, c’est sans danger !

Les gîtes à insectes

Seul un tiers des abeilles sauvages niche dans les cavités, le bois ou les tiges creuses. La majorité des abeilles sauvages sont terricoles, elles font leur nid dans le sol. Installer des nichoirs à insectes n’est donc utile que pour une partie d’entre elles.
L’idéal est de leur proposer des bûches de bois dur percées de trous de différents diamètres, des petits fagots de tiges creuses (cardère, carotte sauvage … ) ou de tiges à moëlle (sureau, framboisier … ), ou encore de les laisser coloniser les tiges de petits fruitiers ou de haies en limitant les tailles des arbustes et arbrisseaux.

Les gros « hôtels à insectes » peuvent être intéressants pour observer les différentes espèces et leurs modes de vie, mais ils risquent de favoriser l’apparition des prédateurs et le développement de maladies.

Le bois mort, c’est la vie

Seul un tiers des abeilles sauvages niche dans les cavités, le bois ou les tiges creuses. La majorité des abeilles sauvages sont terricoles, elles font leur nid dans le sol. Installer des nichoirs à insectes n’est donc utile que pour une partie d’entre elles.
L’idéal est de leur proposer des bûches de bois dur percées de trous de différents diamètres, des petits fagots de tiges creuses (cardère, carotte sauvage … ) ou de tiges à moëlle (sureau, framboisier … ), ou encore de les laisser coloniser les tiges de petits fruitiers ou de haies en limitant les tailles des arbustes et arbrisseaux.

Les gros « hôtels à insectes » peuvent être intéressants pour observer les différentes espèces et leurs modes de vie, mais ils risquent de favoriser l’apparition des prédateurs et le développement de maladies.

Les pieds d’arbres fleuris

Installer des plantes mellifères au pied des arbres égaye la rue, nos sens et les insectes pollinisateurs. Les plantes mellifères produisent du nectar et/ou du pollen, nourriture exclusive pour les abeilles sauvages. Certaines espèces d’abeilles consomment une large gamme de plantes ; elles sont généralistes. D’autres, spécialistes, ont des préférences alimentaires plus marquées. Ainsi certains chélostomes, de petites abeilles de quelques millimètres, ont besoin des fleurs de campanules pour assurer leur subsistance.

Mixer les plantes au pied des arbres permet d’accueillir tout au long de l’année les insectes butineurs : depuis les bulbes qui nourrissent les abeilles précoces comme les andrènes et les anthophores en début de saison, aux bruyères et callunes qui fleurissent à l’automne, en passant par les mauves qui ravissent bourdons et halictes durant l’été.

Massifs bees-friendly

Ce massif de fleurs a été conçu pour soutenir les populations de pollinisateurs.
Les plantes installées offrent des floraisons attractives tout au long de l’année :
bulbes et arbustes pour des floraisons de début de saison, des plantes vivaces qui s’épanouissent au printemps ou durant l’été.
Ces fleurs fournissent du pollen et du nectar, accessibles pour les abeilles à langue longue et les abeilles à langue courte.
Les plantes peuvent aussi fournir des matériaux de construction pour le nid des abeilles sauvages :
les tiges creuses de la cardère fournissent un nid pour les abeilles caulicoles,
les poils des feuilles de l’épiaire de Byzance sont utilisées par l’anthidie à manchettes pour faire son nid,
des bouts de feuilles circulaires sont découpés par les abeilles tapissières pour … tapisser les bords de leur nid, …
Des bûches de bois ou des tas de sable leur fournissent des sites de nidification.

Les haies, alliées de la biodiversité

Aubépine, troène, noisetier, groseiller, cornouiller … il existe de nombreuses variétés de plantes indigènes à combiner pour créer des haies refuges de biodiversité.
Les plantes indigènes sont adaptées au climat et aux sols de nos régions.
En réduisant la taille des haies, on permet aux arbustes de faire des fleurs puis des fruits qui nourrissent insectes et oiseaux.
On crée aussi des lieux propices à cette petite faune en recherche de gîtes ou d’abris.
Certaines abeilles sauvages installent par exemple leurs œufs dans les tiges à moëlle de sureau au printemps.
La progéniture, devenue adulte à son tour, émerge l’année suivante et recommence un nouveau cycle.

Des plantes… sur les façades !

Les plantes grimpantes sont un élément essentiel pour la ville ;
elles rendent de nombreux services à toutes ses habitant.es.
Leur feuillage filtre les polluants de l’air et régule la température,
contribuant à rafraichir l’atmosphère durant les périodes chaudes.
Leurs fleurs fournissent nectar et pollen aux insectes et leurs fruits
des ressources aux oiseaux.

Privilégions les plantes grimpantes indigènes, particulièrement
adaptées à la faune locale : la clématite des haies, le chèvrefeuille
des bois, mais aussi le lierre grimpant. Le feuillage dense du lierre
fournit halte et abri aux mésanges et moineaux et ses fleurs
donnent du pollen indispensable au bon développement des larves
de collètes du lierre, une abeille sauvage terricole qui émerge à la
fin de l’été. Enfin, ses fruits, des baies noires, alimentent certains
oiseaux frugivores durant l’hiver.

Une spirale à aromatique… et à insectes

La spirale d’aromatiques est un aménagement développé en Grande-Bretagne afin de faciliter la culture de plantes aromatiques de garrigue dans des régions humides.
L’orientation de la structure et le substrat drainant combinés aux pierres composant les murs créent un milieu suffisamment sec et chaud pour cultiver des plantes méridionales comme le thym, le romarin, la sauge.
Les fleurs de ces plantes fournissent du nectar et un peu de pollen aux abeilles sauvages.

En laissant le sol partiellement nu et en insérant dans les murs de la spirale des fagots de tiges creuses et de tiges à moëlle, ainsi que des bûches de bois dur percées de trous, on fournit en outre le gîte aux abeilles sauvages !
Un bed and breakfast 5 étoiles pour ces précieux pollinisateurs !