Un moineau qui chante dans un trou de boulin, un martinet qui rejoint rapidement son nid dans une vieille corniche, une abeille pleine de pollen qui s’insère dans l’interstice d’un muret… Ce sont autant d’observations de la faune urbaine en pleine action. Une série d’animaux vivent avec nous, près de nous, et parfois depuis bien longtemps, sans que nous le sachions vraiment…

Biodiversité urbaine

Haussement de sourcil ou rictus au coin des lèvres, c’est encore souvent la réaction lorsque l’on évoque la biodiversité urbaine. La ville, milieu anthropique par excellence, présente malgré tous des intérêts non négligeables pour certains animaux (mammifères, oiseaux, insectes) : restes de nourriture, absence de grands prédateurs, températures plus clémentes.

Les espèces cavernicoles (qui nichent dans des cavités, contrairement à celles qui construisent un nid dans les arbres) sont particulièrement représentées en ville et à Saint-Gilles, commune très urbaine. Martinets noirs, moineaux domestiques, faucons pèlerins, pigeons bisets, originellement ces espèces nichaient en falaise. Attirés par nos hauts clochers et immeubles, ressemblant justement à ces falaises, certains animaux cavernicoles y ont élu domicile.

Habitat vivant

Et nos maisons offrent en fait un bon nombre de cavités : trou de boulin (trou anciennement utilisé pour fixer les échafaudages à la façade), corniche (qui est en fait un bac vide dans lequel une ouverture suffit à le transformer en parfait nichoir), sous les tuiles de rive (uniquement quand elles ne sont pas rejointoyées), trou d’aération (quand ils ne sont plus utilisés et non grillagés), … . Le problème survient lors de la rénovation ou de l’isolation des façades, toutes les cavités vont être rebouchées (parfois avec les oiseaux vivants dedans), nous mettons donc nos oiseaux des villes littéralement à la porte… ces oiseaux (mais aussi chauves-souris, abeilles solitaires) qui vivent depuis plusieurs millénaires avec nous. Qui va-t-il rester après ça ?

Envie de co-habiter ?

Alors comment rénover, isoler, refaire sa corniche tout en continuant à accueillir la faune cavernicole ? Une série de solutions sont possibles, certaines très simples, d’autres plus complexes.

  1. Laisser les trous de boulin accessibles. Laisser une profondeur de 30-40 cm (si vous isolez par l’intérieur, ne pas remplir tout le trou donc), s’il y a un cache, l’entrouvrir par le bas de 4 cm.
  2. Créer des trous d’envol dans votre corniche. Dans de nombreux cas, la corniche est un bac creux avec des dimensions parfaites pour les moineaux et martinets. En créant des trous d’envol dans la partie horizontale (rond et de 35 mm pour le moineau, de 2,9×6,9cm pour le martinet) vous créez autant de cavités pour la nidification.
  3. En ne rejointoyant pas la tuile de rive. Cela permettra également à votre toit de bouger (vent, humidité, gel, chaleur) sans casser les tuiles (qui quand la tuile de rive est jointe ne peuvent plus bouger du tout).
  4. En intégrant un nichoir dans votre façade en cas de travaux plus importants. Plusieurs modèles et plusieurs techniques (afin de pas créer de pont thermique) existent.
  5. Aucune des solutions ci-dessus ne sont envisageables ? Apposer un nichoir sur votre façade. Choisissez votre nichoir en fonction de l’espèce que vous voulez privilégier, puis pensez bien à l’orientation, la hauteur, la prédation par les chats ou les corvidés.
L’engagement et les actions de la commune

Le service Développement Durable de la commune, situé à la MaisonEcoHuis a reçu un subside de Bruxelles-Environnement pour sensibiliser et agir concrètement en faveur de l’habitat vivant. Ce subside dure deux ans (2021 et 2022). En partenariat avec les Groupes Moineaux et Martinets, le projet veut d’une part sensibiliser les citoyens saint-gillois, les architectes, les entrepreneurs à la présence de cette faune cavernicole via un cahier des solutions techniques, et veut d’autre part agir concrètement en créant des cavités.

Notre première action concrète : l’aménagement d’une vingtaine de trous de boulin à l’Ecole 4 Saisons pour les martinets. Les corniches et le toit de l’école devant être rénovés, nous en avons profité pour analyser les trous de boulin ainsi que les caches-boulin.

Deux solutions ont été trouvées, l’idée étant de les tester toutes les deux et de voir si une fonctionne mieux que l’autre. La première est la création d’un trou d’envol dans le cache boulin même, la deuxième solution est d’entrouvrir le cache-boulin de 3,5cm. Ces deux solutions permettent aux martinets de rentrer dans la cavité, de replacer les caches-boulins (qui seront également repeint, et récrés pour ceux qui manquent). Beau projet qui allie rénovation et accueil des martinets.

Besoin d’infos ? Contactez le Service Développement Durable – maisonecohuis@stgilles.brussels – 02/533.95.90

 

Photos de Christiane Moulu – GTM Média – Groupe Moineaux / Martine Wauters du GT Martinets / Elisa Ruwet de la commune de Saint-Gilles.